la Saga BIGEY - La Croix BRIGNON
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Mes randonnées estivales, dans le secteur de Raon-sur-Plaine (88), m'ont amené une nouvelle fois sur les hauteurs de la corbeille et notamment à la "Croix Brignon".

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L'affaire dite de Vexaincourt.
Un épisode de la tension politique entre la France et l'Empire Allemande entre 1872 et1914

Le 24 septembre 1887, un groupe de chasseurs, partis de Luvigny (88) organisent un partie de chasse à proximité de la frontière avec la partie annexée par l'Allemagne. le groupe est composé par M LE BEGUE (ancien directeur de la banque de France), Jean-Baptiste VALENTIN de Luvigny, ARNOUX, adjudant en retraite à Raon-sur-Plaine, DEMANGEON, instituteur à Luvigny, DE WANGEN, élève officier des Dragons, Jean-Baptiste BRIGNON de Raon-les-Leau,  CHANAL, entrepreneur à Vexaincourt et de deux traqueurs MATHIEU et RECEVEUR.
Vers 11 heures, les chasseurs sont en vue de la borne frontière 2127 (la frontière franco-allemande établie en 1871 est sinueuse à tel point qu’il a fallu sur 18 km poser 152 bornes). Tout à coup un coup de feu part du coté allemand, puis un second. BRIGNON est atteint et tombe en s'écriant 'Ah, les cochons, ils m'ont tué'. Un troisième coup de feu atteint l'élève officier DE WANGEN. Tous les chasseurs se mettent à l'abri.
Jean-Baptiste BRIGNON, le plus sévèrement atteint (la balle est entrée dans l'aine gauche), l'hémorragie est importante. Brancardé puis transporté en charrette via Luvigny vers Raon-les-Leau, il n'arrivera pas vivant et décèdera avant d'arriver à son domicile.

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Les assaillants sont deux soldats (KAUFMANN et LINHOF) du 8eme bataillon de chasseurs en garnison à Saverne, mis à la disposition de de l'administration forestière de Schirmeck. Le tireur KAUFMANN affirme que le groupe de chasseurs avait traversé la frontière et poursuivi leur avance malgré ses sommations. Il avait cru avoir à faire à des braconniers.
Kauffmann fut acquitté le 4 février 1888 par le tribunal militaire allemand. Dans l’intervalle, il était fêté à Saverne, son lieu de garnison, dans tous les bistrots comme héros national. Il faut dire que son arme était le nouveau fusil à magasin dont on remarquait, après boire, qu’il avait fait mouche presque à 100 % (2 blessés pour trois balles).

Dès le lendemain, une commission d'enquête se rendait sur les lieux. Les magistrats n'émettaient aucun doute. DE WANGEN et BRIGNON se trouvaient bien en territoire Français ( traces de sangs sur la mousse, le blessures ne leur permettant pas de se déplacer, selon les constatations des légistes confirmées par les médecins Allemands consultés).

En France l'émotion fut grande, d'autant que ce n'était pas le premier incident de frontière mettant en cause l'Allemagne. Une guerre pourrait-elle en découler ? Dans son rapport, le Procureur indiquait ' il faut par voie diplomatique dénoncer le coupable, demander des poursuites et obtenir une réparation matérielle en faveur de la famille BRIGNON.

Le gouvernement français sagement opta pour exiger des excuses et des réparations pour les familles et le 12 octobre 1887, après une courte réflexion, le gouverneur allemand présenta des excuses et offrit à la famille Brignon, 50 000 marks-or.
(le salaire de Jean-Baptiste BRIGNON était de 100 francs par mois).

Quant au lieutenant de WANGEN, il refusa l'argent allemand, se contentant des excuses officielles.
L’enquête avait établi que les chasseurs se trouvaient à 3 mètres de la ligne frontière côté français quand les coups de feu avaient été tirés et les Allemands l’ont admis. (extrait d'un récit de Pierre Poncet - 1997)

Un an après les faits, à l'aide d'une souscription publique organisée par les "Patriotes Français", une stèle est érigée et inaugurée devant le cimetière de Raon-les-Leau.. Cette inauguration fera l'objet, notamment d'une illustration "allégorique" dans le périodique "le Monde Illustré" du 06/10/1888.

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