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Nouveau  La libération de Raon-sur-Plaine (1945)

Raon-sur-Plaine / Raon-lès-Leau    1939 -1945
Par Jules VALENTIN, maire honoraire


Raon-sur-Plaine a fait partie de la Principauté de Salm qui a été rattachée à la France le 23 Mars 1793.
Notre village a été du canton de Schirmeck, lequel était vosgien jusqu’en 1871 et nous avons d’abord été annexés à l’Allemagne avec cette ville. Pareillement pour Raon-lès-Leau, la commune sœur, qui elle était du canton de Lorquin annexé en 1871
Le Donon séparait nos deux villages de l’Alsace-Lorraine. Ces annexions ne nous convenaient pas. L’intervention de Jules FERRY et du colonel De LAUSSEDAT aboutit en octobre 1871 à une nouvelle ligne frontière qui laissait nos deux villages à la France mais à l’Allemagne nos 1800 hectares de forêts, de même que les scieries de la Goutte Guyot, celles de Chaudes-Roches avec la cense de St Pierre et les fermes du Donon.
Le Traité de Versailles en 1919 ne nous a rien rendu. Tout cela se trouve toujours sur le territoire de Grandfontaine qui perçoit les impôts. La guerre de 14/18 nous a enlevé 23 de nos Raonnais, celle de 39-45 encore 13 autres en déportation. Cette deuxième guerre mondiale n’a commencé pour nous que vers le 18 juin 1940, car c’est dans la région du Donon que l’armée française a livré ses derniers combats jusqu’au 23 juin à 24 heures après l’armistice Franco-Allemand.
Le Général LESCANNE, commandant le 43eme corps d’armée a été fait prisonnier au col du Donon, à l’hôtel Velleda où se trouvait son PC en même temps que 2 de ses généraux, 1553 officiers, 56712 sous-officiers et hommes de troupe, 100 pièces d’artillerie, 100 armes automatiques, 742 camions et voitures, 320 tonnes d’obus, 87 tonnes de munitions d’infanterie de même que 3226 chevaux et 422 mulets.
En application de la convention dite « du Donon » nos soldats avaient été faits prisonniers d’honneur avec promesse d’âtre démobilisés à Strasbourg. En réalité on leur a fait passer le Rhin et ils ne sont rentrés qu’au printemps 1945.
Dès le mois de juillet 1940 l’ancienne frontière de 1871-1919 a été rétablie, les anciennes bornes étant restées en place. Les douanes Allemandes se sont retrouvées au col du Donon avec un autre poste à la maison forestières du Windeck. Elles étaient surtout chargées d’arrêter les évadés venant d’Allemagne. 16000 sont passés par notre vallée et cela nous a valu, sur le territoire de Raon-sur-Plaine, en 1960 le mémorial des évadés et passeurs.
Après le départ en captivité des troupes françaises en juin 1940, beaucoup d’armes étaient restées et les habitants en avaient caché mais l’occupant avait tout de suite fait savoir que toute personne trouvée en possession d’une arme à feu serait fusillée. Ce fut le cas pour Jules CLAUDEL fusillé le 31 décembre 1941 à Dijon. Marcel Gérard, quant à lui, a fait 8 mois au camp de Schirmeck pour avoir tué un cerf capturé au collet. Mais avait-il voulu faire croire aux douaniers allemands que c’était au fusil.
Disons que l’hiver 1940 a été très dur, neige, froid. Une compagnie allemande était logée cet hiver là au village. Les soldats étaient déjà munis du grand manteau blanc prévu pour la campagne de Russie.
Trois combats aériens ont eu lieu au-dessus de notre village.
Le 20 avril 1940 un avion français est abattu devant la ferme du ‘Paquis’ au pied du Donon. 2 officiers y trouvent la mort.
L’un avait pourtant réussi à sauter en parachute mais il est mitraillé au cours de sa descente.
Le 10 mai, un bombardier allemand est abattu au-dessus du village, il tombe en flammes près du cimetière de Luvigny. 2 occupants y sont carbonisés, 3 ont sauté en parachute. L’un est tombé sur le toit de la maison LEONARD à Luvigny. Un autre est arrivé normalement jusqu’à terre et les hommes du village les ont capturés. Le troisième n’a pas eu de chance, son appareil ne s’est pas ouvert, il est tombé à 2 mètres de Mme CAEL qui se trouvait dans son jardin. Le souffle a été si fort a-t-elle raconté que je me suis retrouvée avec ma jupe sur la tête.
Un troisième combat a eu lieu en Mars 1945. Un bombardier allemand croise un chasseur américain au-dessus de nos forêts ‘ à la croix Brignon’. Ils se mitraillent et tombent tous les deux. L’américain ne sera retrouvé qu’un an plus tard. Le bombardier allemand tombe en flammes à Luvigny : 4 de ses occupants y sont carbonisés. 5 avaient réussi à sauter. Ils sont faits prisonniers à la maison forestière des Minières.
Le commandant, dont le parachute ne s’est pas ouvert, tombe en forêt où son corps de sera retrouvé que l’année suivante.
Le 3eme Régiment de Tirailleurs Algériens se trouvant à Luvigny au repos. Cette formation avait fait la campagne d’Italie, libéré Marseille et par la suite Pontarlier.
A par les douaniers qui circulaient dans nos villages nous n’aurons pas d’autres soldats allemands avant le mois d’Août 1944.
En mai 1943 la Gestapo de St Dié arrête et déporte Jean NETTER et ses parents réfugiés juifs de Strasbourg. Dans son portefeuille se trouve une lettre injurieuse pour les allemands écrite par son ami Jean NOEL, déporté lui aussi. Ils ne reviendront pas.
Le 20 novembre 1943 un petit avion école tombe près du village. Le pilote allemand y trouve la mort. Les restes de l’appareil sont gardés par un douanier qui a également en surveillance un nomme SCHMITT, arrêté pour avoir favorisé le passage d’évadés français et qui tente de s’enfuir. Le douanier tire et l’atteint gravement à la jambe. Le blessé est transporté à l’hôpital de Raon-l’Etape et mis sous surveillance mais des membres de la résistance iront le délivrer et le mettre en lieu sûr.
Ce SCHMITT allait souvent à la ferme de Glacimont. La Gestapo s’y rend le 23 novembre 1943. Le fermier Joseph STEBENNER est parait-il, d’après dénonciation, en possession de fusils de guerre. Les allemands ne trouvent rien malgré un semblant d’exécution à la mitraillette de STEBENNER et de son domestique Joseph LABADIE adossés au mur de la ferme.
Déportés avec Emile PIERREL de Raon-lès-Leau, pour aide aux évadés. Ce dernier seul en reviendra en 1945.
Après le 6 juin 1944 il est question de maquis dans les forêts vosgiennes.
La 1ère centurie du groupe mobile d’Alsace, section Vosges, est installées dans la forêt des ‘bois sauvages’.
Un parachutage d’armes et d’un commando est fait au ‘Mont’ près de Moussey. 20 Hommes de Raon-sur-Plaine et de Raon-lès-Leau y participent. Ils sont dénoncés par un mauvais français. En hâte, ils devront alors gagner le 2eme Centurie du G.M.A. installée au-dessus du lac de la Maix. Ce départ a eu lieu le 15 août 1944 soit 8 jours après le parachutage du ‘Mont’. (Les femmes étaient sorties de l’église au milieu de la messe pour préparer les sacs à provision de leurs hommes et en plein midi elles ont accompagné leurs maris jusqu’à la forêt de la Hazelle alors que deux maquisards de Raon-lès-Leau avaient été arrêtés la veille). C’était là une grande imprudence. Mais les douaniers n’ont rien vu (n’ont rien dit !).
Mais maintenant les allemands savent qu’il y a un maquis en forêt. Ils amènent des troupes dans les vallées de la Plaine et du Rabodeau. 3000 hommes d’après certains.
Le 17 Août dans la matinée, ils montent à l’assaut de la montagne de la Maix. Les armes parachutées n’étant pas encore en état, il fallait essayer de décrocher, mais les allemands nous cernent sur les hauts de Moussey et c’est la débandade. Les hommes sont dispersés de tous côtés. Roland VECCHEIDRE trouvera refuge dans une maison de Moussey, mais le 18 Août, il sera pris et déporté avec les hommes de ce village. Sur 187 il n’en reviendra que 44 dont Roland VECCHEIDRE au printemps 1945.
Je faisais partie d’un groupe de 13 raonnais qui remontent jusqu’à ‘Prayé’ ou Jacques CUNY fut capturé, par imprudence, et conduit au camp du Struthof d’où aucun interné ne redescendait. Seul l’alsacien Martin WINTERBERGER réussit son évasion en empruntant la voiture et un uniforme du Commandant du camp d’extermination.
Pendant ce temps, la Wehrmacht a cerné nos villages. Louis BARRET reviendra en 1945 de Dachau, Lucien BERTRAND ne reviendra pas.
Le 19 Août Louis VINCENT, Marcel GERARD, René ZABé, rentrés du maquis sont arrêtés chez eux et conduits au Struthof où se trouvait déjà Jacques CUNY, René PIERREL et Pierre VINCENT. Aucun ne sont revenus. La femme de Louis VINCENT mère de deux petites filles est abattue par de soi-disant maquisards sous le prétexte de fréquenter les allemands et de dénoncer des prisonniers en fuite.
Arthur DUCARME sera déporté à Auschwitz le 1er novembre 1944. Il reviendra en 1945 alors que René ARNOUX et Charles LOUIS arrêtés le 20 octobre n’en reviendront pas.
Une douzaine d’hommes de Raon-sur-Plaine rentrés du maquis vivront dans la clandestinité jusqu’à la libération.
Le 1er novembre un chasseur américain vient mitrailler les rues du village et tue un allemand.
Le 17 novembre c’est un bombardement plus sévère, des maisons sont détruites.
Le 21 novembre c’est la déportation des hommes de 16 à 60 ans. Ils subiront à Fribourg un bombardement qui fera 3000 morts dont notre compatriote Henri ROBINOT et d’autres Adrien DUCARME et Maurice CUNY qui décéderont peu de temps après leur retour printemps 1945.
Le 22novembre les allemands quittent Raon-sur-Plaine car le Général Leclerc vient de contourner les Vosges pour arriver à Strasbourg le 23 novembre.
Le 24 vers 15 heures un détachement allemand traverse le village venant de Cirey. Une trentaine d’hommes du génie occupée à miner le pont reliant nous deux villages n’auront pas le temps de le faire sauter car vers 16 heures le premier blindé américain s’arrête devant notre mairie.
Prévenu de la présence des allemands un soldat se dirige vers Raon-lès-Leau où les allemands ne feront aucune résistance.
Pour eux la guerre était finie et pour nous la libération.